Extrait d'un texte publié dans : Humanisme et foi chrétienne, Mélanges scientifiques du centenaire de l'Institut catholique de Paris, Beauchesne, 1976. 


lapparent.jpgSuccesseur du Père Teilhard de Chardin au laboratoire de géologie et des Sciences connexes de l'Institut Catholique de Paris, l'abbé Albert Félix de Lapparent, petit-fils d'Albert Auguste de Lapparent, et neveu de Jacques de Lapparent, naquit dans les Ardennes, le 9 septembre 1905. Ordonné prêtre en 1929, le Cardinal Verdier, pressentant en lui un atavisme de géologue, lui demanda de prendre la succession de son grand-père au laboratoire de l'Institut Catholique. Il prépara donc sa licence, puis son patron, Charles Jacob, lui confia comme sujet de thèse l'étude des rapports géologiques entre les Alpes et la Provence. 
Survint la guerre de 1939-45, l'abbé de Lapparent, de constitution apparemment frêle, fut mobilisé comme infirmier puis bientôt renvoyé à son laboratoire où il reprit son activité de professeur. La fin de la guerre, en 1945, rétablit la possibilité de voyager. Les travaux d'Albert de Lapparent se développèrent alors dans deux directions qui souvent se chevauchèrent, pour lui donner des raisons d'entreprendre, sans cesse, de nouvelles missions en France, et à l'étranger. Il poursuivit d'abord les recherches entreprises à l'occasion de sa thèse. Son deuxième centre d'intérêt fut l'étude des dinosaures ; il en avait découvert des restes en Provence. Jean Piveteau lui suggéra d'en entreprendre l'étude. Il explora les gisements français puis il parti à leur recherche au Maroc, au Portugal, en Tunisie, en Espagne, en Angleterre, au Sahara, au Niger, en Amérique et en U.R.S.S. où il visita spécialistes et musées, et même au Spitzberg où, lors du Congrès géologique internationnal de 1960, il découvrit les premières traces de ces reptiles disparus. Il rédigea avec l'abbé René Lavocat, le chapitre des dinosauriens du traité de paléontologie, publié par Jean Piveteau, et devint un des meilleurs spécialistes de ces fossiles 
Il faut faire ici mention particulière de ses tournées sahariennes, accomplies à pied et à chameau, à une époque encore héroïque où le géologue partait seul avec un ou deux guides, pour des semaines ou des mois ; elles lui ont permis de visiter des régions encore inconnues et de jeter les bases de la géologie dans des secteurs comme Edjelé où fut plus tard découvert le pétrole saharien. Elles faillirent lui coûter la vie : une chute de chameau, la veille de Noël 1947 provoqua une luxation grave de l'épaule gauche et un extraordinaire concours de circonstances durant lequel la malchance s'acharna sur lui, permit cependant de le ramener vivant à Tunis, après trois semaines, pour y être opéré d'urgence. Il souffrit le martyre pendant près d'un an et en conserva une paralysie partielle de la main gauche, qui ne l'empêcha pas de reprendre bientôt ses missions dans les pays lointains. 
Cependant son activité majeure allait s'orienter vers un nouveau domaine. Un de ses premiers élèves, Guy Mennessier, était parti comme professeur à l'Université de Kaboul en Afghanistan. En 1961, il y fut invité. Après de multiples difficultés administratives, il obtint enfin l'autorisation d'entreprendre quelques tournées d'exploration dans ce pays encore presque inconnu. Tout de suite, il découvrit, à Hadjigak, un gisement de minerais de fer de plus de deux milliards de tonnes, dont il fit aussitôt connaître l'existence au gouvernement afghan. IConquis par ce pays rude et pauvre, pays de hautes montagnes et de déserts, qui lui rappelait l'Afrique; il fut frappé par le caractère hospitalier des populations, s'initia à leur langue et y retourna pendant quatorze ans, constituant peu à peu, autour de lui, une équipe de chercheurs géologues, géographes, naturalistes, dont la direction lui fut finalement confiée par le CNRS en 1974. Directeur de Recherche au CNRS, il fut président de la Société géologique. Il a publié environ 250 notes et mémoires. Il visita ensuite les chaînes du Nord du Pakistan et le Cachemire. Enfin il se rendit dans les Emirats d'Oman au début de 1975. C'est au retour de ce voyage très dur qu'il décéda le 28 février 1975, à l'âge de 69 ans. 

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Albert-Félix de Lapparent et Frédéric-Marie Bergounioux

Le chanoine F.-M. Bergounioux, de l'Institut catholique de Toulouse, était spécialiste de la paléontologie des vertébrés et de paléontologie humaine.
Monseigneur Delépine, le chanoine Bergounioux et l'abbé de Lapparent appartiennent à ces générations d'ecclésiastiques naturalistes voués à la contemplation et à la compréhension des créations et créatures divines.

 

Source : http://www.minouxia.fr/Minouxia-1935/ALapparent-Bergougnioux.htm

 

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