Sites pour le moment inaccessibles

En 2006, la revue INORA n°45, a publié un important article de Joaquim Soler Subils extrait de sa thèse sur les sites de peintures rupestres du Zemmour. En 1995, faisant partie d’une équipe de l’Université de Gerone, Joaquim Soler a étudié de nombreux sites; mission qui s’est déroulée en collaboration avec le ministère de la Culture de la république Arabe Démocratique Sahraoui.

Ces peintures se trouvent dans les nombreux abris sous-roches qui se sont formés dans les grès ordovicien à la suite de phénomènes d’érosion éolienne et de processus de dissolution chimique. Inconnus par la communauté scientifique avant les découvertes de l’équipe de l’Université de Gerone, les sites à peintures étudiés se trouvent dans l’oued Kenta (26), l’oued Ymal (2), Asako (1), Rekeiz Lemgasem (80). Bien que quelques sites aient été signalés un peu plus tard (Pastor et Carrion en 1996 et Soleilhavoup en 1997), aucune étude approfondie n’a été menée, sauf sur un abri, publié en 2003 dans la revue espagnole Escolà. Au total, 2700 figures ont été reproduites et étudiées. La plupart des peintures sont de couleur rouge, mais de nombreuses autres sont blanches ou bicolores (rouge et blanc). Presque toutes mesurent entre 10 et 20 cm, bien peu atteignent le mètre. 53,6% des motifs identifiés sont figuratifs (25,2% humains, 28,2% animaux, 0,2% divers), 26% sont des mains positives et les derniers 20,4% sont non figuratifs.

L’auteur présente une description intéressante des éléments figuratifs ou non ainsi qu’un essai de classification stylistique des peintures d’où il ressort que l’on peut reconnaître cinq styles différents : style des danseurs; style modelé, avec un sous-style silhouetté; style délié; style des figures sombres et le style linéaire; ce dernier semblant être le plus récent. Chaque fois une illustration fait référence aux différents styles. Nous nous permettons de reproduire quelques réflexions extraites du chapitre Discussion et conclusions, car elles peuvent apporter des éléments d’interprétation pour les peintures des nouveaux sites de la province de Tan-Tan qui à ce jour n’ont pas encore été totalement inventoriées et jamais étudiées. “Au début des recherches, nous supposions que la plupart des figures appartenaient aux temps préhistoriques à cause des représentations d’éléphants, de rhinocéros et d’archers. Nous le pensions car de nombreux chercheurs se servent de ces animaux et des armes comme preuves de leur ancienneté, antérieure à 4000 BP*. Autour de cette date, une aridification progressive aurait débuté et ces chercheurs supposent que ces animaux ne pouvaient plus vivre dans le Sahara occidental. Nos dernières recherches ont montré que la plupart des images du Zemmour sont certainement préhistoriques mais prouvent aussi que le recours à ces espèces comme éléments de datation peut être trompeur. Il est vrai que nombre d’entre elles avaient disparu il y a plusieurs siècles, certaines avant l’ère chrétienne, comme nous le savons de source classique et arabique. Mais, il est vrai aussi qu’elles vivaient toujours au Sahara occidental à l’âge du Bronze et plus tard. Par exemple, on reconnaît un éléphant et un rhinocéros sur un panneau avec des personnes portant des épées, qui sont des armes récentes. Donc, nous devons conclure que, au Sahara occidental, la présence de ces espèces ne donne pas automatiquement une date antérieure à 4000 BP au style qui les concerne. Pour le Sahara occidental au moins, nous ne devons pas utiliser les images de ces animaux sauvages comme éléments de datation. La représentation de certaines armes, comme les arcs et les bâtons de jet, a été utilisée de la même façon. Selon nous, ceci devrait aussi être évité, du moins pour le Sahara occidental, où les gens utilisant des bâtons de jet et des arcs apparaissent en même temps et après les hallebardiers. En revanche, épées, lances et boucliers sont toujours en rapport avec le style le plus récent, le style linéaire, lui-même à rapprocher des inscriptions libyco-berbères.

* Before présent

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