Il y a quelques années, Mohamed Iken et de jeunes habitants du village de Taghroute, ont annoncé, aux responsables locaux et à la Direction du patrimoine culturel, la découverte dans le lieu-dit Anchrif, des ossements fossilisés, considéré au prime abord comme appartenant à un dinosaure. L’information a vite fait tâche d’huile dans tout le village et même au-delà, et la commune rurale  décida d’assurer au lieu de la découverte un gardiennage permanent. 

Des ossements de Proboscidiens découverts dans la province de Boulmane

Il y a quelques années, Mohamed Iken et de jeunes habitants du village de Taghroute, ont annoncé, aux responsables locaux et à la Direction du patrimoine culturel, la découverte dans le lieu-dit Anchrif, des ossements fossilisés, considéré au prime abord comme appartenant à un dinosaure. L’information a vite fait tâche d’huile dans tout le village et même au-delà, et la commune rurale  décida d’assurer au lieu de la découverte un gardiennage permanent. 

Le territoire est essentiellement montagneux et se caractérise par la dominance de structures géologiques d’âge jurassique affectées par les mouvements tectoniques et orogéniques. Le couvert végétal actuel se compose essentiellement de thuya et de chêne vert en plus d’autres arbustes divers. L’existence d’affleurements appartenant à cet étage géologique de l’Ere secondaire encourage et conforte davantage, notamment chez les spécialistes des sciences de la terre, la possibilité de l’existence de traces de dinosaures. Des empreintes de ces derniers ne sont pas, en effet, rares dans certains secteurs de la région.

En 2011, une mission de reconnaissance a été effectuée par le directeur du patrimoine culturel marocain accompagné de quelques spécialistes du domaine. Des ramassages de surface ont été entrepris ayant montré l’existence dans le site de restes osseux appartenant à des espèces animales vraisemblablement très anciennes. Aussitôt, le potentiel scientifique du site était avéré et il a été décidé de monter un programme de recherche pluridisciplinaire pour mieux mettre en évidence l’importance paléontologique du gisement situé dans une zone jusque-là quasiment peu connue.

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La Direction du patrimoine culturel a, par conséquent, mis en place par le biais de l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine, un programme de recherche supporté par une convention de coopération établie entre celui-ci et l’Universidade Nova de Lisboa du Portugal. Les deux parties ont constitué une équipe mixte pluridisciplinaire qui a entamé ses recherches sur le terrain au mois de septembre 2013.

Cette mission de terrain a consisté essentiellement en des fouilles méthodiques dans des secteurs offrant des indices tangibles de restes paléontologiques importants. Les résultats préliminaires de ces investigations ont aussitôt infirmé l’hypothèse de l’existence d’ossements de dinosauriens comme cela a été auparavant divulgué, mais par contre, elles ont permis de mettre en évidence l’existence de richesses paléontologiques sous forme d’ossements de Proboscidiens (une espèce anciennes d’éléphants). Il s’agit essentiellement de deux défenses, la plus complète mesure 1,58 m de longueur, probablement deux crânes, des fragments de dents, des extrémités proximales et distales de fémurs, d’os du bassin et d’omoplate, de côtes et bien d’autres fragments osseux parfaitement incrustés dans un sédiment compact très dur à fouiller. Les premières observations de terrain supposent qu’il s’agit d’un paléo-lac de haute montagne comme il en existe plusieurs dans tout le Moyen-Atlas et  que les futures études géologiques pourront nous renseigner sur sa dynamique. Au Maghreb, dans les sites bien datés du Pléistocène moyen, on assiste à la présence de deux groupes d’Eléphants : Loxodonta qui fait sa première apparition dans le site de Tighenif en Algérie daté du début du Pléistocène moyen et Elephas, qui lui, apparait un peu plus tard à Tihodaïne au Sahara algérien et dans les carrières Thomas à Casablanca durant la deuxième moitié du Pléistocène moyen. L’analyse taxinomique des crânes et des dents de l’Eléphant de notre site va nous permettre de distinguer entre les deux grands groupes.

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