Le sud de l'Atlas

Si les gravures rupestres sont déjà mentionnées en 1876 par le rabbin Mardochée (qui sera ensuite le guide de Charles de Foucauld dans sa Reconnaissance au Maroc, 1988-83) puis ensuite par l’explorateur Oscar Lenz, l’analyse des sites rupestres du Sud marocain n’a véritablement commencé qu’à la fin de la pacification. Suivant les régions, les analyses s’amorcent à des dates variables : à Figuig dès 1902 (Harmand et Hamy), pour continuer bien plus tard avec L. Clariond qui fit paraître en 1933 dans le bulletin de la Société de Préhistoire du Maroc, une étude sur “Les gravures rupestres d’Aït Saadane (Maroc saharien)”. Le site de Taouz est mentionné dès 1936 et dès 1938, Théodore Monod écrit : “Le Sud marocain fournira des documents importants.”
A. Ruhlmann publie en 1939, par l’intermédiaire du Service des Antiquités du Maroc, les premières découvertes sur les sites de Msissi, sous le titre : Les recherches de préhistoire dans l’Extrême-Sud marocain. Toutefois cette synthèse, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, ne recense encore qu’un nombre assez limité de sites. En 1940, Vincent Monteil présente un tableau du Bas Draa. Jusqu’à cette date, la conjoncture a rendu difficile toute prospection méthodique, et les recherches se sont concentrées sur quelques zones privilégiées : Figuig, Taouz, Tata, Igherm et le Tamanart au Nord de Foum el Hasn.
Dès 1945, l’inventaire de certains secteurs devient plus systématique : des synthèses régionales commencent à être publiées comme le corpus d’Almagro Bach sur la Seguiet el Hamra qui sera complété en 1975 par H. Nowak et S. Ortner. Après 1949, Malhomme entreprend une grande enquête sur le Haut-Atlas qui s’achève en 1962 par la publication des deux volumes de son corpus.
Toutefois, on a longtemps pensé que la région du Sud Sagho était moins riche que la moyenne et basse vallée du Draa (Akka, Tata, Foum el Hasn). Il faudra attendre l’importante activité de recherche sur le terrain d’André Simoneau (décédé en 1979) pour mettre en évidence la densité et l’importance des sites. Du coude du Draa jusqu’à Msissi, toute une chaîne de stations fut reconnue sur le piémont du jebel Bani : Hassi Tafenna, Ikhf n'Ouaouroun, Anou n’Ouamerzemlal, Aït Ouazik, Tanoumrit, Tamsahelt, Tazzarine N.0., Ouaouglout, Aït Saadane, Alnif, Timerzit et Msissi. Professeur à Marrakech, A. Simoneau, que j’ai eu l’honneur de connaître, a occupé son temps, pendant près d’une quinzaine d’années, à la reconnaissance et à l’étude des gravures rupestres du Sud marocain, déployant en ce domaine une importante activité qui lui permit d’en acquérir une connaissance rare. De 1967 à 1977, ses nombreuses publications portèrent à la connaissance des amateurs le résultat de ses découvertes et analyses. Son “Catalogue des sites rupestres du Sud-marocain” publié à Rabat en 1977 par le Ministère d’Etat chargé des Affaires Culturelles vint couronner l’ensemble de ses recherches.
La région du Draa-Bani, de Tissint à Tarjicht, retint à partir de 1970, l’attention vigilante d’Odette du Puigaudeau qui s’efforce de compléter les recherches effectuées d’abord par R. Lafanachère avant la Seconde Guerre mondiale, puis par Henri Lhote et enfin André Simoneau et Richard Wolff, beaucoup plus contemporaines. Toutefois de nombreuses zones comme le Sagho, le Siroua, le Haut Draa de Mhamid à Tissint, restaient encore à prospecter.
L’Oriental, à l’Ouest de Figuig, restera le parent pauvre; aucune prospection n’y sera opérée entre la note de Gautier en 1914 sur Hassi Ghilane et celle du Docteur Creisson en 1968.
Aujourd’hui, le Français Alain Rodrigue a pris la relève et fait, depuis vingt ans, un gros travail de recherches et d’études. Sa bibliographie conséquente en est la meilleure preuve.


 

mzerg

Les gravures rupestres sont une riche matière première qui permet de découvrir la préhistoire. Ces documents qui remontent à des milliers d’années sont des vestiges et des indices de l’existence humaine. Quant à la région de Bani-Draa, plus précisément les territoires de la province de Tata occupés par la chaîne du jebel Bani et l’Oued Draa, elle contient environ 80 sites rupestres d’importance.

aoudrass

A une dizaine de kilomètres de Nkob dans la vallée de l’Aoudrass, rive droite, site d’Imi n’Aoudrass s’étendant sur environ 100 mètres sur des dalles au bord de l’oued.

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