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Les dinosaures du Maroc

Au Maroc on trouve des animaux ayant vécu à une époque dont on ne sait rien. On connaît pas mal d’animaux de l’époque du début des dinosaures, au Trias supérieur, mais entre le Trias supérieur et la fin du Jurassique, il y a des gros trous. Le Jurassique inférieur, c’est le début de la plupart des grands groupes, ce qu’on appelle une radiation au niveau des espèces, une multiplication des espèces. Les principaux groupes de dinosaures vont se mettre en place pendant cette période du jurassique inférieur moyen. On peut donc trouver des dinosaures différents, voire très différents de ce que l’on connaît. Et comme à Tazouda, c’est un site où il y a plusieurs animaux, c’est assez complexe. Le travail d’analyse se faisant essentiellement en laboratoire, on ne renonce pas pour autant à toute déduction sur le terrain. Ronan Alain apporte une solide confirmation de la richesse du gisement de Tazouda : “On a tous les grands groupes de dinosaures représentés. Des carnivores, les théropodes, et des grands herbivores, les sauropodes. Il y a des représentants de l’autre grand groupe herbivore, les ornitischiens, au travers au moins deux individus différents.” Et d’ajouter: “On ne peut pas encore les placer dans une famille précise, il faudra attendre le dégagement des pièces au laboratoire pour cela. Mais il y a des chances qu’on trouve des familles, voire des grands groupes jamais décrits auparavant. Ce n’est pas à exclure.
Un fossile de dinosaurien peut se définir grâce à des analyses morphologiques, et grâce à l’anatomie comparée, une méthode inventée par le Français Georges Cuvier au début du XIXe siècle. Mais d’autres approches sont indispensables, notamment pour le dater, comme l’analyse géologique des couches.

L'ère des dinosaures

Le plus étonnant, chez les dinosaures, c’est peut-être leur longévité…Les dinosaures ont disparu brutalement, on le sait, il y a 67 millions d’années, astéroïde, volcanisme, ou autres causes peut-être multiples. Quant aux premiers dinosauriens, ils vivaient il y a environ 240 millions d’années. Soit, pour l’espèce des dinosauriens, une durée de vie de près de 175 millions d’années qui recouvre toute l’ère secondaire (ou mésozoïque), divisée elle-même en trois périodes : le Trias (240-200), le Jurassique (200-140), le Crétacé (140-65). Rappelons en passant que pendant cet énorme laps de temps, les dinosaures ont évolué sur deux grands axes : celui des ornitoschiens (ceux dont l’os du bassin ressemble à celui d’un oiseau) et les saurischiens (ceux dont l’os du bassin ressemble à celui d’un lézard). Parmi les premiers, les stégosaures, les ankilosaures et les ornithopodes. Parmi les seconds, les sauropodes (diplodocus, brachiosaures) et les théropodes (allosaures, tyrannosaures).Dans son ouvrage L’empreinte des dinosaures, Philippe Taquet cite l’historien Edward Gibbon, qui, au XVIIIe siècle, écrivait: “Au lieu de nous demander pourquoi l’Empire romain a disparu, nous ferions mieux de nous étonner qu’il ait si longtemps subsisté”. Et Taquet d’ajouter : “Il en va des dinosaures comme des Romains...” Le mot fossile regroupe l'ensemble des restes d'organismes et de traces d'activité de ces organismes vivants. Pour qu'il y ait fossilisation, les restes biologiques doivent être enfouis très rapidement et remplacés progressivement par de nouveaux minéraux: les fossiles sont donc des roches, issues de la transformation d'un être vivant, ou de son moulage. En plus de ces fossiles classiques, il existe une grande quantité de traces fossiles. Ainsi, ces traces fossiles (ichnofossiles) sont les témoins de la présence d'anciens organismes: excréments fossilisés (coprolithes), traces de dents, terriers, nids, empreintes de pas... Les empreintes de pas rassemblées en pistes sont très abondantes, surtout celles des dinosaures. Leur interprétation concerne une branche de la paléontologie appeléela paléoichnologie. Bien que les auteurs de ces traces ne sont jamais déterminés avec certitude, ces traces sont très riches de renseignements.

Comment se forment des empreintes ?

"De la manière la plus simple qui soit", explique Philippe Taquet, directeur du laboratoire de paléontologie du Muséum national d'histoire naturelle à Paris et spécialiste des dinosaures. "Aujourd'hui, ce processus se déroule sous nos yeux et il suffit d'examiner ce qui se produit au bord des grands lacs et des grands fleuves africains".

 

Dans son livre sur les empreintes de dinosaures, le scientifique français raconte avoir observé un exemple de ce phénomène lors d'une mission en Afrique au bord du Chari, au Tchad, dans lequel barbotaient de nombreux hippopotames. Sur ses berges, lors des saisons de pluie, le fleuve en crue dépose une épaisse couche de boue jaunâtre, avant de regagner son lit normal. Philippe Taquet a ainsi observé un hippopotame sorti de l'eau pour effectuer une petite promenade. Ses pérégrinations se lisaient très bien sur le sol. Après son passage, le soleil ardent du Tchad avait séché cette surface boueuse, l'avait durcie et presque cuite. Les crues suivantes ont recouvert ces empreintes par une autre pellicule de boue, et ainsi de suite.

"Si cette sédimentation saisonnière se poursuit pendant des années, résume le scientifique, les empreintes restent conservées dans ces feuilletés géologiques pendant des milliers, sinon des millions d'années, et certaines jusqu'à nos jours". Si elles ne sont pas détruites par l'érosion ou par des touristes, elles peuvent enfin être étudiées.

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